Le dialogue intercongolais : une assemblée fumeuse et jacassière ?
Le Mot du Week-end (26 septembre 2026)
L’état du pays : deux forces qui s’affrontent
Aujourd’hui, le MDW veut s’appesantir sur le dialogue entre les Congolais pour résoudre la question de l’implosion de l’État. L’état du pays est que plusieurs localités ont quitté le giron gouvernemental et répondent désormais aux rebelles de M23/AFC qui sont sous la protection du Rwanda. Il y a donc deux forces qui s’affrontent au niveau de la formation de l’État congolais. Des forces centrifugées qui veulent se détacher du centre (la Capitale de Kinshasa). Et des forces loyalistes – centripètes – qui veulent réunir le pays autour de son centre de commandement, Kinshasa.
Un dialogue aux visages multiples
Pour répondre à cet état de chose, l’idée d’une assemblée, communément appelée, le dialogue intercongolais, est vue comme une proposition de solution. Ce dialogue a pris plusieurs chemins. Pour les ecclésiastiques catholiques et protestantes qui en avaient l’initiative, il s’agissait d’une rencontre de refondation de l’État congolais. Pour l’opposition politique, cette rencontre devait être inclusive, c’est à dire en incluant toutes les voix dissidentes, y inclues celles de l’opposition armée. Enfin, le pouvoir a pris l’initiative, à travers un décret présidentiel fixant les limites d’un potentiel dialogue intercongolais. Le décret exclue de la participation à cette recontre tous ceux qui ont pris les armes contre leur propre pays. Cette proposition serait logique dans des circonstances normales. Les rebelles retorquent qu’ils n’ont pas pris les armes contre le pays, mais contre un régime qui détruisait le pays. Cependant, une délégation gouvernementale et celle des rebelles se rencontrent en Suisse et à Doha au Qatar. Bref., le dialogue intercongolais a plusieurs acceptions selon qu’on appartient à la société civile, à l’opposition politique armée, non-armée ou au pouvoir.
La thèse du Mot du Weekend : contre l’assemblée jacassière
Pour le Mot du Weekend d’aujourd’hui, la conscience révolutionnaire des Congolais ou le désir de leur bien-être ne résulteront pas des débats fumeux issues d’une assemblée générale jacassière qu’est le dialogue intercongolais. Le surgissement révolutionnaire au Congo ne résultera pas des débats du dialogue intercongolais ; ce qui fait qu’on avance, ce n’est pas qu’on délibère ou qu’on se positionne dans les débats subjectifs d’interrogations surfacières, écumieres et lamentables articulés sur le spectacle de l’ego qui gesticule avec des sujets, des verbes et des prédicats. Le mouvement réel objectif révolutionnaire de la classe, de chacun d’entre-nous, n’est pas une délibération ou une interrogation. C’est une auto-présupposition, ce n’est pas une délibération, car la délibération part du sujet narcissique autonomisé du jargonner. C’est une construction artificielle.
Pour le MDW, les élites narcissiques de la république démocratique du Congo s’affrontent dans le jacasser qui aboutit toujours dans le délire pour savoir comment on va organiser l’aliénation et l’oppression du people. Le dialogue ou la jacasserie ne débouche jamais sur l’émancipation. Ce qui débouche sur l’émancipation, c’est l’auto-présupposition historique de la nécessité radicale qui s’incarne dans l’éros, la volupté et la nécessité du déterminisme historique. En janvier 1959, quand ABAKO a attaqué dans la capitale, il n’y avait pas de délibération préalable. C’est l’automouvement de l’auto-présupposition de la nécessité qui refuse le dialogue fumeux et jacassier, et qui produit une action historique autour. Le tout de la nécessité historique est supérieur aux parties délibérantes parce qu’il exprime le feu de la nécessité historique en mouvement qui accomplit le destin de son désir et le désir de son destin. Le principe que nous défendons est que chacun d’entre nous doit sortir du jacassé et doit se lier a l’histoire de l’auto-présupposition et du déterminisme qui est le refus démocratique de l’assemblée jacassière pour produire l’organicité impersonnelle.
A l’instar de toute assemblée générale, le dialogue intercongolais est le lieu du mensonge, de la tromperie, et de la manipulation. Tout ce qui a transformé radicalement l’histoire est sorti de la spontanéité déterministe du produit organique et impersonnel de l’action historique du prolétariat. Quand on décide de ne pas se soumettre au gouvernement, Il n’y a pas de délibération. Le dialogue intercongolais comme les assemblées désarme le prolétariat. Le prolétariat révolutionnaire est une organicité, une totalité historique qui dépasse chacun de ses membres ; chaque action révolutionnaire est une tempête, un tumulte qui emporte tout le monde dans un au-delà de lui-même et dans un au-delà de la totalité qui fait qu’il y a une incarnation d’infinité radicale ; la totalité dialectique organique d’une action impersonnelle autonome. Une action radicale d’une organicité impersonnelle est anti-démocratique.
Démocratie, jacasserie et logos
La démocratie est née en Grèce lorsque le genos de la propriété commune se déstructure et dans le cadre de cette déstructuration surgit une nouvelle unité territoriale qui n’est plus le genos primitif, mais le demos des appropriations nécessaires d’une économie nouvelle qui se structure autour de la valeur d’échange. La démocratique est la démocratie de la valeur d’échange – de l’argent- roi. Le demos de la démocratie, c’est la population de la valeur d’échange. Cette population de la valeur d’échange est appelée à délibérer dans les assemblées jacassières et de ces assemblées surgit une contradiction entre la jacasserie et le logos.
Conclusion
En conclusion, le MDW affirme que rien de bon ne sortira d’un dialogue intercongolais – une assemble jacassière. La flamme révolutionnaire ne peut s’entretenir que dans une action historique d’organicité impersonnelle. Les assemblées aseptisent la radicalité révolutionnaire.
Nous voulons finir avec une citation de Bordigat dans le communisme des bafouilleurs : « La contre-révolution veut toujours éliminer les êtres physiques. La vraie révolution ne s’attaque pas aux êtres physiques ; elle s’attaque aux rapports sociaux de la reproduction aliénatoire. » En d’autres termes, pour qu’on ne transforme pas la réalité sociale, on lynche les individus ; on fait des boucheries spectaculaires pour qu’on ne touche pas à la réalité sociale. Pour laisser l’état du Congo inchangé, il faut faire la guerre ou éliminer des individus physiquement. C’est la seule façon de flinguer les rapports sociaux, il faut faire la guerre et la guerre de l’être.
Prof. Patience Kabamba
